Filiale 79, Richelieu
St-Jean-sur-Richelieu


 
   
 

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La personnalité du mois
de Mars 2006

Nous intronisons ce mois-ci, non seulement un camarade, un ancien combattant, mais en plus un fier guerrier élu démocratiquement dans le poste de Sergent d’Armes de la filiale 79. Bienvenue à Jean-Paul Bertrand au <Mur du Souvenir>. En plus d’être intronisé aujourd’hui, il a reçu dernièrement un fauteuil que lui seul peut occuper durant les réunions. Un cadeau des amis !

Ce fils d’Émile Bertrand dit St-Arnaud et de Joséphine Rousselle, arrive dans ce monde le 27 octobre 1923 à Villeray (Montréal).

Ce qui suit est le résultat d’une entrevue réalisée à la filiale 79 le 30 janvier 2006.

Le Canada est en guerre depuis un certain temps et Jean-Paul vient d’avoir vingt ans lorsqu’il décide de s’enrôler le 3 novembre 1943. Pourtant, tout allait bien depuis deux ans et demi dans son travail de <punch press operator> à la Dominion Bridge. Sous le matricule D-177551, ce canonnier se joint à l’Artillerie royale canadienne et plus précisément avec le RCHA (Royal Canadian Horse Artillery).

Jusqu’à sa libération le 25 juillet 1946, il servira au Canada, au Royaume-Uni et en Europe Continentale. Pour sa participation à la Deuxième Guerre mondiale il recevra la médaille CVSM avec agrafe (médaille du service volontaire du Canada), la médaille de 1939-45 (Georges VI), la médaille de la Défense, l’étoile de France/Allemagne et l’étoile de 1939-1945. Jean-Paul affiche aussi, à droite sur sa poitrine, une médaille présentée par la Hollande (numéro 910115). Sur le revers, il porte aussi fièrement le bouton du <Service général> argenté.

Se rappelle-t-il que lors de son adhésion à la Légion royale canadienne son parrain était nul autre que Georges Maybee et la marraine, Germaine Falardeau. Parlons donc de ce résident de St-Jacques-le-Mineur.

Mais pourquoi donc s’enrôler et s’aventurer vers les blessures et possiblement la mort ? Jean-Paul répond tout simplement que ses amis sont tous partis et rendus <de l’autre bord>. Il suit donc la parade, mais il a aussi l’esprit patriotique. À cause de son expérience avec les chevaux à Montréal, on lui donne, après son entraînement de base et son entraînement plus avancé, la tâche de travailler avec un des derniers chevaux à la base militaire de Petawawa. Il est par la suite muté en Angleterre vers la fin de 1944 avec le CAREU (Canadian Artillery Reinforcement Unit). Il ne revoit plus de chevaux jusqu’à la fin de la guerre. Si on fouille un peu, on voit que Jean-Paul sert par la suite en Belgique et plus tard est impliqué pendant plusieurs mois dans la campagne de Hollande.

La guerre est terminée et voilà que le 22 décembre 1948, son épouse Aurore Duguay, native de St-Isidore au Nouveau-Brunswick, décède de la tuberculose après avoir donné deux enfants à ce couple. L’amour frappe de nouveau au cœur de Jean-Paul. Du même petit village que sa première épouse, Germaine McGraw vient unir sa destinée à celle de notre militaire <à cheval>.

Après avoir acheté une première terre au Nouveau-Brunswick, Jean-Paul déménage et en achète une deuxième à St-Ambroise-de-Kildare en Lanaudière. Notre héros défricheur n’est pas un amant de la terre et n’est pas un cultivateur dans l’âme. Il se débarrasse de sa terre et quitte la misère pour la grande ville de Montréal. Dans son nouvel emploi, il a la chance de goûter de nouveau à la vie militaire et passe trois autres années avec le 37e régiment de campagne (Artillerie) de réserve.

Maintenant âgé de 27 ans, il débute vers 1950 une nouvelle carrière. Il fonde la compagnie Bertrand Tire Shop Enregistrée. Après quelque temps et avec l’aide de son seul fils survivant (Jean-Guy), il ouvre une seconde compagnie en 1967 qui porte le nom de Démontage Hydroélectrique et Industriel Incorporée. Incroyable mais vrai, quarante-six ans plus tard, la compagnie fonctionne toujours à St-Jacques-le-Mineur sous la tutelle d’un nouvel administrateur, Jean-Guy Bertrand. Une belle preuve de courage, de persévérance et de communication entre deux générations.

Impossible de déjouer le système de sécurité du Sergent d’Armes… sortons nos cartes de membre…Jean-Paul fait son travail de policier légionnaire à chaque réunion.

Ce membre a su contribuer à la réussite de la filiale # 79 de St-Jean-sur-le-Richelieu par son travail, sa générosité et sa disponibilité. Soyons fiers de lui consacrer une place au <Mur du Souvenir>.

Memoriam Eorum Retinebimus

Nous nous souviendrons d’eux.
Camarade Bertrand, on va se souvenir de toi !

Normand-Guy Goudreau CD

 

 


 


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