Jusqu’à sa libération le 25 juillet
1946, il servira au Canada, au Royaume-Uni et en Europe
Continentale. Pour sa participation à la Deuxième
Guerre mondiale il recevra la médaille CVSM avec
agrafe (médaille du service volontaire du Canada),
la médaille de 1939-45 (Georges VI), la médaille
de la Défense, l’étoile de France/Allemagne
et l’étoile de 1939-1945. Jean-Paul affiche
aussi, à droite sur sa poitrine, une médaille
présentée par la Hollande (numéro
910115). Sur le revers, il porte aussi fièrement
le bouton du <Service général> argenté.
Se rappelle-t-il que lors de son adhésion à
la Légion royale canadienne son parrain était
nul autre que Georges Maybee et la marraine, Germaine
Falardeau. Parlons donc de ce résident de St-Jacques-le-Mineur.
Mais pourquoi donc s’enrôler et s’aventurer
vers les blessures et possiblement la mort ? Jean-Paul
répond tout simplement que ses amis sont tous partis
et rendus <de l’autre bord>. Il suit donc
la parade, mais il a aussi l’esprit patriotique.
À cause de son expérience avec les chevaux
à Montréal, on lui donne, après son
entraînement de base et son entraînement plus
avancé, la tâche de travailler avec un des
derniers chevaux à la base militaire de Petawawa.
Il est par la suite muté en Angleterre vers la
fin de 1944 avec le CAREU (Canadian Artillery Reinforcement
Unit). Il ne revoit plus de chevaux jusqu’à
la fin de la guerre. Si on fouille un peu, on voit que
Jean-Paul sert par la suite en Belgique et plus tard est
impliqué pendant plusieurs mois dans la campagne
de Hollande.
La guerre est terminée et voilà que le
22 décembre 1948, son épouse Aurore Duguay,
native de St-Isidore au Nouveau-Brunswick, décède
de la tuberculose après avoir donné deux
enfants à ce couple. L’amour frappe de nouveau
au cœur de Jean-Paul. Du même petit village
que sa première épouse, Germaine McGraw
vient unir sa destinée à celle de notre
militaire <à cheval>.
Après avoir acheté une première
terre au Nouveau-Brunswick, Jean-Paul déménage
et en achète une deuxième à St-Ambroise-de-Kildare
en Lanaudière. Notre héros défricheur
n’est pas un amant de la terre et n’est pas
un cultivateur dans l’âme. Il se débarrasse
de sa terre et quitte la misère pour la grande
ville de Montréal. Dans son nouvel emploi, il a
la chance de goûter de nouveau à la vie militaire
et passe trois autres années avec le 37e régiment
de campagne (Artillerie) de réserve.
Maintenant âgé de 27 ans, il débute
vers 1950 une nouvelle carrière. Il fonde la compagnie
Bertrand Tire Shop Enregistrée. Après quelque
temps et avec l’aide de son seul fils survivant
(Jean-Guy), il ouvre une seconde compagnie en 1967 qui
porte le nom de Démontage Hydroélectrique
et Industriel Incorporée. Incroyable mais vrai,
quarante-six ans plus tard, la compagnie fonctionne toujours
à St-Jacques-le-Mineur sous la tutelle d’un
nouvel administrateur, Jean-Guy Bertrand. Une belle preuve
de courage, de persévérance et de communication
entre deux générations.
Impossible de déjouer le système de sécurité
du Sergent d’Armes… sortons nos cartes de
membre…Jean-Paul fait son travail de policier légionnaire
à chaque réunion.
Ce membre a su contribuer à la réussite
de la filiale # 79 de St-Jean-sur-le-Richelieu par son
travail, sa générosité et sa disponibilité.
Soyons fiers de lui consacrer une place au <Mur du
Souvenir>.
Memoriam Eorum Retinebimus
Nous nous souviendrons d’eux.
Camarade Bertrand, on va se souvenir de toi !
Normand-Guy Goudreau CD